HOMMAGE A JEAN LACROIX !
Qui était Jean Lacroix (au centre de la photo )? Un ancien maire d'une petite commune rurale meusienne, Bonzée en Woëvre, certes. Mais aussi un élu visionnaire qui a transformé son petit coin de terre à deux pas du Parc Régional de Lorraine en un vrai petit paradis. Une forte tête aussi qui ne s'en laissait pas compter par l'administration. Un homme engagé au service des autres. Jean Lacroix n'a jamais mis son drapeau dans sa poche accueillant des objecteurs de conscience quand ceux-ci étaient assimilés par un Pouvoir aveugle et sourd à des gauchistes. Un croyant aussi mais qui fuyait le dogme. Un homme selon notre coeur à Paroles de Lorrains.
L'équipe du Centre permanent d'initiatives pour l'environnement (CPIE) de Bonzée qu'il a contribué à créer a voulu lui rendre hommage... Et a fait appel à notre équipe pour éditer ses mémoires et ses écrits. L'ouvrage paraitra fin septembre dans notre collection Terroirs (là on l'on trouve aussi les Bonheurs d'un Gaillot de Jean Sucquet)sous le titre Le Jean des Côtes, mais on peut d'ores et déjà réserver cet ouvrage exceptionnel (tirage limité) en s'adresant au CPIE à Bonzée ou auprès de nos services de PdL (voir adresses ci-contre et ci-dessous) Décédé en janvier de cette année, le 7 janvier 2008, Jean Lacroix est unanimement regretté.
Voici le très beau texte que lui a consacré Bernard Puill, l'un des premiers objecteurs arrivés à Bonzée il y a quelques décennies dans le cadre du Service Civil international :
"Voici donc « Le Jean » au bout de son chemin de terre,
cette terre qu’il a creusée de son travail de paysan et fait fructifier de son imagination d’homme un peu trop fou, un peu trop sage pour laisser sommeiller nos égoïsmes et nos peurs.
Son regard bleu de rêveur réaliste monte vers la Côte des Hures, se repose sur l’infini de la Woëvre laborieuse : c’est son pays…il se demande si les quetsches produiront cette année…parce que, pour la mirabelle, ça n’a pas été très fameux !
Il y a toujours de lourds nuages sur les Eparges : il faudrait pouvoir dire définitivement non à la guerre, comme l’enfant au poing levé de Gentioux, comme le disent les étendards de la fraternité et de l’amour. Le dessin des tranchées est jusque dans le jardin et dans les bois des Côtes… et les feux de l’hiver y sont parfois plus flamboyants qu’espéré.
Il faudrait construire un monde qui ferait des hommes libres et heureux…pas des morts de Dunkerque.
Il faudrait, il faudrait…mais jusqu’où suivre ce bouillonnement d’idées du paysan intellectuel, jusqu’où suivre ce débordement d’énergie et d’enthousiasme ?
Le Longeau, lui aussi, parfois déborde dans sa large vallée : quand reviendront les écrevisses de l’enfance et de l’âge d’homme ?
Des femmes et des hommes solidaires refusent le désespoir des villages blessés, bâtissant la maison commune qui sera leur Foyer.
Une écharpe de maire ne fait pas le printemps, même à Bonzée, mais ça aide à lutter contre le dépeuplement et le découragement. Les énergies rurales se regroupent, de curieux peintres voudraient badigeonner de rose les volets des demoiselles Lesuisse !
Le monde se refait, autant au bistrot à l’eau ferrugineuse que « chez L’Arséne » à la pensée fumeuse…un habitué des deux lieux saura en faire la synthèse audacieuse.
Il y a des chemins de ronde qui progressent et des trous qui creusent l’émotion des pouvoirs publics.
Un souffle de développement veut ranimer les Côtes :
- il y a des lettres du CODSICOM qui stimulent les consciences,
- il y a un autre grand trou qui remplit les loisirs du Colvert,
- il y a l’initiation à l’environnement qui trouve sa permanence,
- il y a des réunions dévoreuses qui se multiplient…
- il y a que …c’est encore Georgette qui devra traire les vaches !
Puis vient le temps où le sage pense qu’il est grand temps de passer le relais, tant à la ferme qu’à la mairie : il serait déraisonnable de vieillir dans le pouvoir.
C’est l’heure de retrouver la chènevière et de tracer des sillons plus courts.
L’homme à la silhouette courbée se retourne sur son histoire en songeant qu’il n’a guère pris le temps de voir grandir les enfants :
il est urgent de marquer la pause pour voir s’épanouir les petits-enfants et les arrière petits-enfants.
Voici donc « Le Jean » au bout de son chemin de terre :
l’éclat de son sourire traverse le miroir de la face cachée des choses et, comme le dit le poète,
il attache sa charrue à une étoile…
Nous serons jaloux des anges de son paradis solidaire car, avec « Le Jean »,
ils vont rigoler pour l’éternité !"
Contacts pour réserver le livre (15 euros au lieu de 20 ; ajouter 4 euros de port) :
Paroles de Lorrains éditions 6, r de la Frontière 54730 Saint-Pancré. Tél: 03 82 26 78 96. Paroledelorrain@orange.fr
ou
| CPIE WOËVRE-CÔTES DE MEUSE | |||||||||||||
| | |||||||||||||
| | |||||||||||||
| Maison de l'ARSEN - 14, rue Chaude | |||||||||||||
| BONZÉE - 55160 - Meuse | |||||||||||||
| | |||||||||||||
| |||||||||||||